L’égoïsme comme antidote à l’amour,
Le grand, le bel amour ou l’amour tout court,
Un peu de baume comme dernier recours,
Celui qui ne peut rimer qu’avec toujours.
L’amour donc comme antidote à l’ennui,
Qui naquit dit-on de l’uniformité,
Beau mystère d’une éclaircie dans la nuit,
Divine découverte d’affinités,
L’amour instinct qui rejoint les jeux d’enfants
Triomphants pour mieux faire la nique au temps.
J’aime, maladie et remède à la fois,
Elle est mon havre de paix, elle est ma loi.
Ne voit-elle pas mes fantômes hanter ses nuits
Dans ce grand théâtre d’ombres que je fuis.
Est-ce qu’elle saura vaincre mes fantômes
Et offrir son doux secours au cœur de l’homme ?
Que de pensées refoulées, si dures à l’âme,
Qui restent si étrangères au cœur des femmes !
Aveugle-moi, oui, donne-moi tes beaux yeux,
Enflamme mon âme inquiète de tes feux,
Quand jamais plus autre désir ne me mord
Aujourd’hui ou demain et jusqu’à la mort,
À moins que le destin ne me jette un sort
Et à tout jamais ne me brise le cœur.
L’amour comme antidote au quotidien,
Sous toutes ses formes, le tien, le mien,
Fait de légers matins et de jours grisaille,
Fait de joies soudaines comme feux de paille,
Comme un choc contre la condition humaine
Qui va s’effilochant, traîne et nous entraîne
Dans une lutte inégale, une fronde
Sans fin contre l’indifférence du monde.
En voilà, direz-vous, de belles paroles,
Rien de vraiment gai, rien de vraiment drôle
Pour qui a bien sagement appris son rôle,
Oh, de bien belles paroles qui s’envolent
En notes légères dans le ciel immense,
S’éloignent au vent léger de l’indifférence.
Laissons tous les empêcheurs tourner en rond,
Ruminer leurs antiennes sur tous les tons,
Laissons les fâcheux, les grincheux, les peureux
Snober sans vergogne tous les amoureux,
Ceux qui se bécotent sur les bancs publics
Et à tous les passants jaloux font la nique,
N’en déplaise aux sceptiques et aux rabat-joie,
À tous ceux qui doutent, qui manquent de foi,
Aux importants qui se prennent pour des rois,
Aux coincés, aux pressés toujours aux abois,
Aux non concernés qui bien sûr s’en foutent,
Aux songe-creux qui se sont perdus en route.
Quelques mots tracés, rien de bien important,
Rien qui ne paraisse vraiment évident,
On écrit bien sur la neige ou sur l’eau,
Peu importe enfin, avec de simples mots,
Mais finalement, envers et contre tout,
Rêvons sans vergogne, soyons un peu fous,
Que serait la vie sans un brin de folie,
Que deviendrait la vie sans la poésie ?
< •• Christian Broussas –Amour antidote- 31/08/2017 • © cjb © •• >
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