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jeudi 9 mars 2023

Un peu de franglais

 Un petit entraînement pour se mettre en jambes

        


Trouver un bon "
job" c'est pas facile , maintenant les "managers" sont souvent en "meeting" et on passe son temps en "brainstormings" ou en "débriefing" des "reportings" du mois précédent.

Heureusement que maintenant les  "computers" ne sont pas bruyants car, avec nos bureaux en "open space", c'est pas facile. On n'a même pas de "smoking place". Le midi on se fait avec les collègues un "burger" avec des "ships" grâce au "food truck" installé en face. Si on n'a pas trop faim, on demande un "doggy bag".

Mon boulot consiste à animer une "hot line" pour des "traders"... qui suivent le "market trade" et consultent leurs "followers".

Avant de quitter le bureau,  je prends toujours mon "smartphone" pour passer un "call" à ma femme. Elle doit être encore en train de faire du "shopping" et profiter des "discounts" ou du "black friday". Il y a des "shopping centers" près de chez nous et des "garden centers". Ou alors elle est partie dans une salle de "fitness" car, avec ce temps, c'est mieux "indoor".  Elle fait du "home training" avec sa "coach" perso .

           

Le "week end" c'est "cool" ... On fait du "jogging" ou un "trail " si on est en forme. Après j'aime bien rester en "sportswear" et faire un "brunch" le midi.

L'après-midi, on se met dans le salon très "cosy" pour notre moment de "cocooning".

On écoute souvent notre musique en "play list" et nos émissions préférées en "replay" et la radio en "podcast"... Certaines, malgré tout,  on les regarde en "prime time ". On se fait parfois une vidéo en "streaming" ou en "VOD on demand".

Les concerts, on les préfère en "live" ou "unplugged". C'est rare que j'achète encore des "singles" de mes chanteurs préférés. Pour les grandes occasions "coktails", "garden party" ou sorties en "night-club" on aime être bien habillé "fashion" mais tendance "vintage" tout en restant "in".

Ma voiture est toujours en "leasing",  jamais en "cash". J'espère que mes enfants pourront un jour faire  un "master" dans une "business school".

Ouf, on est arrivé à bout (pour l'instant ! Quand même, plus de cinquante occurrences pour une vingtaine de phrases... difficile de faire mieux... ou plutôt de faire pire ! Mais sans doute que justement, le pire est à venir.
Voilà pour aujourd'hui....."
bye"

* Voir aussi : Mots franglais --

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<< Ch.Broussas Franglais
08/03/2023 >>
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mardi 10 novembre 2020

Cocasseries de la langue française

 Pour apprivoiser les mots il faut les soupeser, apprendre leur histoire, et puis jouer avec eux, sourire avec eux.
Derrière des mots à priori sérieux, on découvre parfois de petits farceurs.

                                                         

En France, pour l'orthographe, il faut s'accrocher. Jugez un peu :
* Persifler ne prend qu'un "f" et siffler en prend deux.
* Hutte a deux "t", mais cahute, un seul, ainsi que gargote, paillote et belote.

* On écrit traditionnel mais traditionaliste, millionième mais millionnaire, Patronat et patronner, déshonneur et déshonorer. Souffler nous joue le même tour avec boursoufler (mais souffler n'est pas jouer ...), aromate et arôme, drôle et drolatique, grâce et gracier, détoner et détonner.

* Fantomatique n'a pas d'accent circonflexe, alors que fantôme en a un.

* Les maris peuvent être marris. Les maris des Lapones et des Lettones ont raison d'être marris puisque leurs charmantes épouses ne sont gratifiées que d'un "n", contrairement aux Bretonnes, Gasconnes, Teutonnes et Berrichonnes.

                           

Les mots épicènes

Pour les humains la vie est relativement simple quand nous nous présentons : "Bonjour madame ou Bonjour monsieur", mais imaginez ce qui se passe chez les animaux qui portent le même nom quel que soit leur genre (épicène) :
"Bonjour ! Je suis une souris.
- Génial ! Je suis "un" souris ! On danse ? " 

Alors que le chien a sa chienne, le chat sa chatte, le canard sa cane, la grenouille, l'autruche, le cafard et des centaines d'espèces animales n'ont qu'un genre. Ce qui est vache (sic), c'est que certains animaux tels la mouette, la pie, la mite, la truite ou la panthère se retrouvent sans maris alors que d'autres ont le problème inverse, comme le blaireau, l'asticot, le lézard, l'éléphant, le bar, le crabe, le putois ou le serpent. Bref, tout cela me paraît très injuste et difficile à vivre et je ne parle pas de la crevette pour qui ... c'est le bouquet !

Le seul qui s'en tire bien, c'est encore l'escargot qui, pas fou, a choisi la neutralité en étant hermaphrodite.

Les "mnémots-techniques"

Je me souviens que je n'aperçois qu'un "p" à apercevoir.
Je me souviens que je n'attrape qu'un "p" à attraper.
Je me souviens qu'on ne peut mourir qu'une fois, mais qu'on peut se nourrir plusieurs fois.
Je me souviens que le chapeau de la cime est tombé dans l'abîme.
Je me souviens que le chapeau du boiteux est rangé dans sa boîte. On met un chapeau sur la tête, un couvercle sur la boîte, un toit sur le château, sur l'hôtel, sur l'hôpital, mais celui du chalet a été emporté par l'avalanche.

                              

Curieuses associations

Il y a des cocasseries qui me titillent parce qu’elles compliquent l’usage de la langue mais il y en a d’autres qui m’enchantent, surtout celles où l’on trouve associés des mots qui n’ont rien en commun.

* Que font le vélo dans la tête, lestomac dans les talons, le poil dans la main, les pieds dans le plat, les fourmis dans les jambes, le soupçon dans le lait ?
* Et la vessie avec la lanterne, le fusil avec le chien, le bois avec le chèque, la grimace dans la soupe, le chat dans la gorge, la confiture chez les cochons et le rubis sur l’ongle ?
* Vous ai-je mis la puce à l’oreille ?
    
             

Vous pleurez quand vous épluchez les oignons ?

Non, parce que vous les pelez.
Peler et éplucher sont certes synonymes mais avec une légère nuance : quand on épluche, on nettoie en enlevant les parties mauvaises, quand on pèle on enlève les parties inutiles.

On pèle une banane mais on épluche une pomme de terre. Alors ? Pèlerait-on les fruits et éplucherait-on les légumes ? Ce n’est pas si simple.
Je pèle les pommes, les poires et les scoubidous mais j’épluche les marrons qui sont des fruits.
J’épluche la salade, mais si !
De toutes façons, si c’est trop compliqué pour vous, mangez des fraises et n’épluchez pas trop ce texte.

                                                   

Les mots masculins en « E »

J’ai du mal à mettre un  à la fin du mot pygmée, surtout quand je parle de l’homme. Ce "e" lui donne un petit côté efféminé qui ne lui sied guère.

Pourtant, j’ai repéré une trentaine de cas similaires qui ne me posent pas de problèmes particuliers : lycée, apogée, périnée, musée, macchabée, trophée, colisée.

Quant à gynécée dont le "e" est plus que justifié dans le cas d’un appartement réservé aux femmes, on peut s’étonner de cette nouvelle incohérence : on dit un gynécée.
Je propose donc pour faire bonne mesure d’écrire dorénavant : "une" eunuque.

                       

Prononciation et écrit

Certaines lettres doivent avoir l’impression de ne servir à rien : prenez le "p", il doit se demander ce qu’il fait dans baptême, dans drap, le "g" au milieu d’amygdale et de sangsue, le "d" à la fin de bond, de nid et nœud, le "c" d’escroc, de blanc ou de tabac ; des mal lotis.

Le "z" est particulièrement découragé : « Que diriez-vous si comme moi vous étiez ignoré dans les conjugaisons ? Vous ronchonneriez, vous protesteriez même ! »
Réponse du "x" : « C’est bien fait, il n’avait pas à prendre ma place dans deuxième ! »

                                               

Pour rentrer chez soi

Vous habitez encore chez vos parents ? Mais où ? En ville ? Une métropole ? Une ville nouvelle ? Dans une agglomération ? En banlieue ? Dans une cité ? Un hameau ? Un bourg ? Un village ? Une bourgade ? Une commune ? Un lieu-dit ?
Bref, en France pas besoin d'avoir 2,5 gr d'alcool dans le sang pour ne plus savoir où l'on habite.

Et comme disait Pierre Dac : « Pour rentrer chez vous, une seule adresse : la vôtre ! »

                       

Les mots remis à leur place

Un jour triste, avec parapluie et sans soleil, n'est pas un triste jour surtout si on vient de gagner au loto.

Un pauvre homme, ô combien malheureux parce que sa femme, quoique sage-femme n'est pas forcément si sage, n'en est pas pour autant un homme pauvre (surtout s'il vient de gagner au loto, lui aussi). Mais il y a des chances pour qu'un homme brave (croix de guerre 39-45) soit aussi un brave homme. Il aime les belles filles à l'image de sa belle-fille qui lui a donné de jolis petits-enfants qui adorent jouer au jardin avec des enfants petits. Son seul problème, c'est son gendre agriculteur toujours de bonne humeur mais ce gai laboureur, d'après certaines rumeurs glanées au Café du Commerce, serait aussi un laboureur gay !

              

Mots destinés à devenir obsolètes

On peut imaginer que dans quelques années un amateur d'opéra, après avoir écouté Carmen, ira sans doute regarder dans le dictionnaire ce qu'est une cigarière. Dieu ne fumera plus de havanes, comme chantait Serge Gainsbourg, et Georges Brassens aura troqué sa pipe contre des patchs.

Disparus les débits de tabac, cendrier, porte-cigarette, nicotine, chique, pipe, briquet, fumoir, buraliste, allume-cigare, coupe-cigare, tabagie, fumée, bouffarde, clope, mégot etc ....

Il nous restera la carotte des champs et non plus des villes, le caporal, et peut-être encore, mais allez savoir avec ces empêcheurs de fumer en rond, la blague .... à tabac.
Paix à leurs cendres !

                                         

Des mots difficiles à localiser

Si nous ne sommes pas les champions du monde de la géographie, c'est peut-être parce que l'on devrait d'abord balayer devant notre porte.

Comment imaginer que les Guingettois soient les habitants de Bourg-Madame, les Caladois les citoyens de Villefranche-sur-Saône, que Charleville-Mézières compte plus de 55.000 petits Carolomacériens et que les résidants de Château-Arnoux sont des Jarlandins ?

Les Barisiens ne sont pas les habitants enrhumés de la capitale mais ceux de Bar-le-Duc, les Lurons sont les heureux habitants de Lure, joyeux au même titre sans doute que ceux de Joué-l'Abbé; j'aurais aimé vivre à Sainte-Adresse pour être Dionysienne, au Château-d'Oléron pour être Châtelaine, mais surtout pas à Poil, pour ne pas être "poilue" !

Des mots exquis      

Inouï ! Qui ? Le tréma. Rendez-vous compte, voilà un diacritique (si ! si ! c’est son nom) qui n’en fait qu’à sa tête en jouant sur les nerfs de ceux qui se risquent à décliner des mots comme exiguïté, contiguïté, et ambiguïté.

En fait, c’est très simple, on écrit ambigu, exigu, continu, et ambiguë, exiguë et contiguë …
Je tenais simplement à mettre les trémas sur les "e".

            

Il y a des piles qui s’usent parce que l’on s’en sert. Il en est de même pour quelques mots, si usés qu’ils rétrécissent. Nos ados ont trop ouvert le frigo pendant les pubs de la télé au lieu de travailler sur leurs ordis au retour des virées à moto en sortant des restos, des discos, voire des cinés porno au grand dam de leurs profs qui préfèreraient les voir ouvrir leurs dicos.

                                               

Sens contradictions

* amateur qui peut signifier « connaisseur » tout comme « débutant »
* apprendre qui peut signifier à la fois « acquérir des connaissances » ou « donner des connaissances à quelqu’un »
* hôte qui désigne à la fois « celui qui invite » et « celui qui est invité »
* louer qui peut signifier « donner à loyer » ou « prendre à loyer »
* unisexe qui veut à la fois dire « où les sexes sont séparés » et « où les sexes ne sont pas séparés »
* D’autres mots sont concernés par ces contradictions tels les mots qui ont un sens obtenu par ironie : champion en est un exemple.

                                            

Curiosités linguistiques

L'anagramme de "chien" fait "niche"
Et "Chine" aussi. Et c'est bien connu, les Chinois mangent des chiens. CQFD.

Le plus long palindrome (mot que l’on peut lire dans les deux sens) de la langue française est "ressasser ". 
Le mot "triomphe" ne rime avec aucun nom commun de la langue française.
Pareil pour le mot "belge". Une certaine forme de vengeance, sans doute. Il en va de même pour "quatorze", "quinze", "pauvre", "meurtre", "monstre", "goinfre", "simple", ou "larve".

"Squelette" est le seul mot masculin qui se finit en "ette"
"Institutionnalisation" est le plus long lipogramme en "e" (c'est-à-dire qu'il ne comporte aucun  e).

L’anagramme de "guérison" est "soigneur " . 
Le caractère "ù" n’apparaît que dans le seul mot "". Il possède pourtant une touche de clavier à lui tout seul.
"Endolori" est l'anagramme de son antonyme "indolore"
Ce qui est paradoxal.

"Délice", "amour" et "orgue" ont la particularité d'être de genre masculin et deviennent féminin à la forme plurielle.
Toutefois, peu sont ceux qui acceptent l'amour au pluriel. C'est ainsi.

"Oiseaux" est, avec 7 lettres, le plus long mot dont on ne prononce aucune des lettres : [o], [i], [s], [e], [a], [u], [x]
"Oiseau" est aussi le plus petit mot de langue française contenant toutes les voyelles.

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<< Christian Broussas • Cocasseries © CJB  ° 04/10/ 2020  >>
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mercredi 3 juin 2020

Un peu de grammaire

         

Conjuguer :
Il (plaire), il (naître), il (taire), tu (connaître)

Il faut que nous (faire) rire les enfants.
Il faut que tu (être) avec nous.
Il ne faut pas que tu (avoir) de la peine.
Nous (courir) dans les bois.
Ceci (exclure) les doutes.
C'est ce soir que je te (rejoindre).
Quand est-ce que tu (descendre au présent) de tes montagnes ?

Jean ou sa sœur (empêcher au présent) sans doute un tel dénouement.
Ni la pluie ni la neige n’(arrêter au présent) les randonneurs. [1]

Chasser l’intrus :
Je dirai, je ferai, je tirai, je lirai.
J’écris – Je fis – Je lis – Je suis.
Je (voudrais) des encouragements :
Est-ce un 1 Conditionnel présent - 2 Futur - 3 Passé composé – 4 Passé simple ?

L’accord du participe passé
Mettre le participe passé à la forme qui convient :

- Les vêtements qu’elle a (fabriquer).

- La chanteuse que j’ai (entendre) chanter.

- La chanson que j’ai (entendre) chanter. [2]
- Les deux heures que ce discours a( durer) ont été très longues.[3]
- Ce chèque est (devoir) et cette somme est (devoir).

Un «p» ou deux «p» : apaiser – apparaître – appauvrir – appeler - aplatir – approuver –
L'impératif :
- (Finir) ton travail -
(Cueillir) des fleurs - (Peindre) ta chambre.
- (Savoir) que je ne t'en veux pas.[4]

- Mettre l’expression verbale "s’en aller" à l’impératif
  (Allez vous en ! – Allez-vous en ! - Allez vous-en !- Allez-vous-en !)[5]

Il (avoir) beaucoup de choses (préposition) nous dire.
Alors Marcel (être levé) et (être mis) à pleurer.
Il ne pense qu’(a)(manger).
Tu as (avoir) une bonne idée.
Nous n'avons pas (pouvoir) venir.
Ils ont (devoir) lui expliquer.

                

Notes et infos
[1]
Plusieurs sujets singuliers reliés par « ou » ou « ni » : le verbe se conjugue au pluriel dans le cas où tous les sujets participent à l’action ; le verbe reste au singulier si seul l’un des sujets peut être concerné par l’action.
[2] La chanteuse que j’ai entendue chanter et la chanson que j’ai entendu chanter.
Avec les verbes de perception, le participe s'accorde si le COD (placé avant le verbe naturellement!) est l'agent de l'infinitif. Dans la première phrase, c'est la chanteuse qui chante tandis que dans la seconde, la chanson n'est pas l'agent de l'infinitif donc il n'y a pas d'accord.
[3]
Il n'y a pas d'accord pour les verbes qui se construisent avec un complément circonstanciel de mesure sans préposition (courir, coûter, durer, mesurer, peser, valoir, vivre...). Ce complément ressemble à un COD mais répond à la question combien et non pas quoi.
[4] Les verbes avoir, être, savoir et vouloir ont des formes irrégulières à l'impératif.
[5] Le verbe à l'impératif doit être joint par un trait d'union aux pronoms personnel et complément qui le suivent.

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<< Christian Broussas • Grammaire © CJB  ° • 02/06/ 2020  >>
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Raymond Devos

    

     

  

       

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<< Christian Broussas • Raymond Devos © CJB  ° • 30/05/ 2020  >>
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mercredi 20 mai 2020

Histoire de pommes de terre

N'avez-vous pas été étonné qu'on utilise autant de noms féminins
pour en désigner les variétés comme les Charlotte, les Mona Lisa
ou les belles de Fontenay et même les modes de cuisson ?

Mesdames et chères amies,
vous n'êtes pas des pommes de terre, et cependant
Que vous soyez en robe de chambre ou en chemise,
Sans pelure ou drapées de mousseline,
Vous restez toujours Duchesses ou Dauphines !
Parfois atteintes de vapeur, mais rarement soufflées,
Vous gardez la ligne allumette et la taille noisette !
Vous êtes délicieuses à croquer, tant que vous n'avez pas germé !
Vous êtes délicieuses à savourer, surtout dorées,
Mais meilleures encore quand vous êtes sautées !
Quand de vos maris, j'épluche la conduite,
Je découvre qu'avec vous, ils ont la frite.
Ils sortent sans pelure, même s’ils pèlent de froid.
Pour eux, même si vous n'êtes plus des primeurs,
Vous demeurez d'éternelles nouvelles !
Pour vous, ils se laissent arracher les yeux,
Friper la peau et meurtrir la chair.
Car comme les pommes de terre,
Ils ont des yeux, une peau et une chair !
Sans vous, ils sont dans la purée,
Sans vous, ils en ont gros sur la patate,
Alors que de la société, vous en êtes le gratin !
 

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<< Christian Broussas • Pommes de terre © CJB  ° • 20/05/ 2020  >>
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vendredi 8 novembre 2019

La complainte des légumes

 

Cette fois tu n’as plus un radis,
La moindre branche de céleri,
Plus de beurre dans les épinards,
Et plus une goutte de pinard,
Tout juste quelques vieux brocolis,
Plus rien pour pimenter ta vie,

Tu te dis que les carottes sont cuites,
Que t’es pas prêt de retrouver la frite,
Que c’est vraiment la fin des haricots,
Même pas un petit plat de cocos,
Alors tu te sens très souvent tout mou
Et pour un rien, tu te prends le chou.

Las, tu as comme du sang de navet,
Gringalet, maigrelet comme un panais,

La tête aussi farcie qu’une citrouille
Et pas un poivron pour la ratatouille,
Tu t’occupes à peine de tes ognons,
Passant souvent pour un gros potiron,
Ou une espèce de grand cornichon
Fauché qui n’a plus du tout de pognon.
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Tu en as vraiment gros sur la patate,
Avec la peur diffuse que ça rate,
Bouffant les pissenlits par la racine,
Ou à engloutir des tas d’aubergines,
Je ne vous raconte pas des salades,
T’es pas vraiment frais, bien dans la panade
Même avec un petit pois dans la tête,
Et les idées plutôt floues, un peu blettes,
Juste un pois chiche dans le ciboulot,
Avec, pour tout dire, un cœur d’artichaut.

Alors, plutôt que faire le poireau,
Croquer la tige amère du taro,
Être berné par de fausses morilles,
Ou te vendre pour un plat de lentilles,
Pour bien déguster le jus de la treille,
Va falloir aller gagner de l’oseille.

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